Aux Etats-Unis, des élus républicains multiplient les propos anti-musulmans
"Nous avons besoin de plus d'islamophobie, pas moins": les propos de Randy Fine, élu républicain au Congrès américain, sont venus s'ajouter à une liste croissante de déclarations anti-musulmans dans le parti de Donald Trump, particulièrement depuis le début de la guerre contre l'Iran.
"La peur de l'islam est rationnelle", a affirmé Randy Fine jeudi sur son compte X.
Le député de Floride a ensuite commenté les attaques le même jour contre une synagogue du Michigan - que la police considère comme un acte de violence "ciblé contre la communauté juive" - et celle sur un campus de Virginie - que le FBI a qualifiée d'"acte de terrorisme" - pour dire: "Deux attaques terroristes musulmanes aujourd'hui, deux Etats différents, un même nom, Mohammed. ÇA SUFFIT".
Randy Fine est coutumier des propos hostiles à l'islam.
En février l'élu avait notamment déclaré qu'"entre les chiens et les musulmans, le choix n'est pas difficile".
Des appels à la démission avaient alors déjà fusé dans l'opposition démocrate, qui a largement condamné ses nouvelles déclarations jeudi.
"C'est quoi ton p*tain de problème?", a répondu le député Josh Gottheimer sur X.
"Après une journée comme aujourd'hui, on a besoin d'unité pas de davantage de haine et de division", a ajouté l'élu démocrate en référence aux deux attaques de jeudi.
- "Ennemi" -
Le député démocrate Mark Pocan a également déclaré à propos de Randy Fine: "Quel putain d'horrible idiot".
"Je pense que c'est ce gars-là qui devrait être expulsé", a-t-il ajouté.
Les propos de Randy Fine ne sont pas exactement isolés au sein des membres républicains du Congrès, particulièrement depuis le début de la guerre contre l'Iran.
"L'ennemi est déjà à l'intérieur des murs", a lancé jeudi le sénateur Tommy Tuberville, candidat pour devenir gouverneur de l'Alabama en novembre.
Cet ancien entraîneur de football américain répondait à un post sur X d'un compte conservateur qui avait publié le commentaire "moins de 25 ans d'écart" en accompagnement d'une image des attentats du 11 septembre 2001 et d'une image du nouveau maire musulman de New York, Zohran Mamdani, à l'occasion du ramadan.
Le député Andy Ogles a lui asséné lundi: "Les musulmans n'ont pas leur place dans la société américaine".
L'élu du Tennessee a ensuite annoncé introduire une proposition de loi visant à interdire toute entrée sur le territoire américain pour les ressortissants de nombreux pays dont la population est à majorité musulmane.
Même si le texte n'a quasiment aucune chance d'être adopté au Congrès, il reflète des positions de plus en plus marquées au sein du parti de Donald Trump.
- Pas de sanctions -
Selon une analyse du Washington Post, depuis le début de l'année, plus de 100 élus républicains du Congrès ont écrit sur les réseaux sociaux à propos de l'islam et des musulmans.
"Quasiment tous ces posts étaient négatifs", souligne le quotidien de la capitale américaine.
L'organisme Centre pour l'étude de la haine organisée (CSOH) a affirmé également cette semaine que "depuis début 2026, le contenu ciblant les musulmans sur les réseaux sociaux a grimpé à un rythme alarmant".
"Le déclenchement de la guerre contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël a nettement accéléré cette tendance", ajoute le CSOH, pour qui la rhétorique utilisée par de hauts responsables de l'administration Trump et certains élus du Congrès "a aggravé la crise".
Ils "ont dépeint la guerre en utilisant des termes ouvertement religieux, s'inspirant de discours issus du nationalisme chrétien, et attisant la haine anti-musulmans", estime l'organisme basé à Washington.
Le CSOH prend notamment l'exemple du ministre de la Défense, Pete Hegseth, qui a estimé début mars que le pouvoir en Iran était "déterminé à poursuivre des délires islamiques prophétiques".
Mais même si ces élus se sont attiré d'intenses critiques au sein de l'opposition, il ne feront probablement face à aucune sanction de leur hiérarchie.
Interrogé en conférence de presse sur les propos d'Andy Ogles, le président républicain de la Chambre, Mike Johnson, a refusé de les condamner, déclarant seulement: "Ce sont des termes différents de ceux que j'aurais utilisés".
E.Abril--ESF