Marchés mondiaux: détente au Moyen-Orient, retour à l'optimisme de la tech
Les Bourses européennes ont commencé la séance de mardi sur une tendance franchement haussière, portées par les espoirs de détente au Moyen-Orient où le président américain Donald Trump a suspendu l'opération d'escorte des navires dans le détroit d'Ormuz.
A l'unisson, les quatre grandes indices européens gagnaient plus de 1%, que cela soit à Paris (+1,29%), Francfort (+1,21%) - malgré l'annonce d'un recul du bénéfice net de BMW -, Londres (+1,52%) et Milan (+1,18%).
A Francfort, les investisseurs plébiscitaient le titre du fabriquant automobile BMW (+4,66%), préférant voir un bénéfice opérationnel supérieur au consensus des analystes plutôt qu'un recul de 23,1% de son bénéfice net sur un an.
En Allemagne toujours, le géant de l'industrie pharmaceutique Bayer (+0,45%) se renforce dans l’ophtalmologie avec l'acquisition annoncée mercredi de l'entreprise américaine Perfuse Therapeutics.
Le vent de l'optimisme souffle sur tous les marchés mondiaux. En Asie, l'indice Kospi à Séoul s'est envolé (+6,45%), avec le titre de Samsung qui a franchi les 1.000 milliards de capitalisation.
"La Corée du Sud est le marché le plus performant au monde", expliquait mardi à des journalistes français l'analyste Yan Taw Boon de Neuberger Berman, qui parle d'un "nouveau triangle d'or" Corée-Taïwan-Japon grâce à la forte demande générée par l'intelligence artificielle (semi-conducteurs, cartes mémoire...).
Mardi soir à la clôture à New York, les indices Nasdaq (+1,03% à 25.326,13 points) et S&P 500 (+0,81% à 7.259,22 points) ont tous deux atteint un nouveau sommet. Le Dow Jones a lui avancé de 0,73%.
Comme toujours, les marchés sont suspendus aux annonces imprévisibles de Donald Trump.
Le président américain a annoncé mardi suspendre l'opération américaine d'escorte de navires à travers le détroit d'Ormuz, en place depuis un jour seulement, dans le but de parvenir à un accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
"Le +rallye+ (mouvement haussier), interrompu pendant quelques heures, a repris", résume Ipek Ozkardeskaya, analyste senior chez Swissquote.
"Sur le plan sectoriel, la technologie a repris le leadership, avec des valeurs comme Intel ou Amazon soutenues par des annonces stratégiques, illustrant que la thématique de l'IA reste dominante dès que le bruit géopolitique s’apaise légèrement", ajoute John Plassard dans sa note pour Cité Gestion.
"Le marché actions américain poursuit son rebond, outrepassant même la tendance haussière pré-conflit", complètent les analystes de Natixis qui soulignent "la présence croissante des investisseurs +retail+ (individuels)" sur ce marché et "leur relatif désintérêt pour les problématiques globales".
Dans la zone Asie Pacifique, "les marchés actions retrouvent progressivement leur niveau pré-conflit".
"Reste le marché européen qui ne participe pas à l'euphorie, reflet d'une macro aux perspectives moroses", avec notamment "une remontée prochaine des taux directeurs de leurs banques centrales", estiment Natixis, voyant au-delà de la bonne performance des indices ce mercredi.
Le pétrole américain revient vers les 100 dollars
Les marchés asiatiques et européens restent attentifs et sensibles au prix du pétrole, qui refluaient mercredi matin après une envolée en début de semaine.
Référence en Europe, le Brent de la mer du Nord (-1,52%) s'échangeait à 108.20 dollars le baril vers 07H30 GMT. Le WTI américain revenait vers les 100 dollars (100,66, -1.57%).
Situation contrastée sur le marché des taux
La détente s'observait également sur le marché obligataire de la dette des Etats et des entreprises, indicateur des risques d'inflation.
Le rendement du "Bund" allemand sur dix ans, référence en Europe, reculait à 3,03% contre 3,06% la veille, tout comme son équivalent français (3,67% contre 3,71% la veille).
Au Royaume Uni en revanche, le rendement à 30 ans s'élevait à son plus haut niveau depuis 1998.
"La situation britannique est emblématique des difficultés du Vieux Continent : dette publique élevée, nouveau resserrement attendu d'une politique monétaire déjà restrictive. Et maintenant, le spectre du risque politique avec des élections locales qui portent le risque d'un limogeage du gouvernement actuel", résument les analystes de Natixis.
A.M.Ruiz--ESF