Charles III rencontre des victimes d'attaques antisémites à Londres
Le roi Charles III s'est rendu jeudi dans le quartier londonien de Golders Green, pour y rencontrer des victimes de récentes attaques contre la communauté juive qui ont choqué le Royaume-Uni et suscité des appels à renforcer la lutte contre l'antisémitisme.
Le souverain britannique s'est rendu dans les locaux de l'association caritative Jewish Care, où il a notamment rencontré les deux hommes - Shloime Rand, 34 ans, et Moshe Ben Baila, 76 ans - blessés le 29 avril dans une attaque au couteau.
Charles III a aussi échangé avec des membres de Shomrim, l'organisation bénévole qui assure la protection de la communauté juive à Londres, dont des membres sont intervenus pour stopper l'assaillant.
L'une des deux victimes, Moshe Ben Baila, aussi connu sous le nom de Norman Shine, a affirmé que cette visite était "extrêmement importante" pour la communauté juive.
"Ce qui m'a le plus touché, c'est qu'il n'a pas lâché ma main. C'était incroyable, c'est le roi, mais j'ai ressenti une véritable chaleur et une réelle attention", a-t-il témoigné.
Charles III a ensuite fait quelques pas dans la rue pour serrer des mains et saluer les nombreuses personnes qui s'étaient massées pour l'apercevoir.
A la différence du Premier ministre Keir Starmer, qui s'était fait huer à Golders Green le 30 avril, le roi a été chaleureusement applaudi, des personnes lui disant "merci".
Essa Suleiman, un Britannique de 45 ans né en Somalie, a été inculpé de tentatives de meurtre pour l'attaque au couteau.
Avant cela, dans le même quartier, quatre ambulances de l'organisation juive Hatzola, avaient été incendiées le 23 mars. Et le 27 avril, une tentative d'incendie avait visé un mur-mémorial, rendant hommage aux manifestants iraniens tués dans la répression par les autorités de Téhéran et aux victimes du massacre du 7 octobre 2023 perpétré par le Hamas contre Israël, qui a déclenché la guerre à Gaza.
Après ces attaques et d'autres à Londres, les autorités ont relevé le niveau de menace terroriste dans le pays.
Ce jeudi également, le prince Harry, fils du roi Charles III, a dénoncé la montée "profondément inquiétante" de l'antisémitisme au Royaume-Uni, dans une tribune à l'hebdomadaire The New Statesman, très inhabituelle pour un membre de la famille royale même s'il s'en est éloigné depuis qu'il vit aux Etats-Unis.
"Lorsque des États agissent sans rendre de comptes, et d'une manière qui soulève de sérieuses questions au regard du droit international humanitaire, la critique est à la fois légitime, nécessaire et essentielle", a-t-il ajouté, sans nommer directement Israël.
Mais, a-t-il insisté, "rien, pas même la critique d'un gouvernement ou les violences et les destructions, ne peut justifier l'hostilité envers un peuple ou une religion".
A.Pérez--ESF