El Siglo Futuro - Israël annonce avoir frappé en Iran un complexe produisant des armes pour la marine

Madrid -
Israël annonce avoir frappé en Iran un complexe produisant des armes pour la marine

Israël annonce avoir frappé en Iran un complexe produisant des armes pour la marine

L'armée israélienne a annoncé samedi avoir frappé le siège du complexe industriel produisant des armes pour la marine, situé à Téhéran, où de fortes explosions ont été entendues en soirée, quatre semaines après le début de la guerre.

Taille du texte:

Depuis le 28 février, le conflit entraîne des perturbations sur la distribution de gaz et de pétrole à travers le monde et a contraint le port de Salalah, l'un des plus importants du sultanat d'Oman, à suspendre ses opérations.

Cette guerre compte depuis samedi un nouveau belligérant: les Houthis, qui ont visé Israël pour la première fois depuis le début des hostilités, déclenchées par une attaque aérienne d'Israël et des Etats-Unis contre l'Iran.

En soirée, des explosions ont été entendues par des journalistes de l'AFP à Téhéran dans la partie est de la capitale, déjà lourdement bombardée la nuit dernière.

- "Tout Téhéran tremblait" -

"C'était tellement intense qu'on avait l'impression que tout Téhéran tremblait", a indiqué à l'AFP par téléphone Elnaz (nom d'emprunt), artiste de 32 ans vivant à Téhéran et parlant des frappes dans la nuit de vendredi à samedi.

"Nous sommes impuissants face à un gouvernement qui tue, et nous ne voulons pas de cette guerre non plus. Nous voulons simplement une vie normale", ajoute-t-elle.

Les efforts diplomatiques se multiplient ces derniers jours pour tenter de mettre fin à la guerre, et des responsables turcs, pakistanais, égyptiens et saoudiens doivent se réunir dimanche et lundi à Islamabad pour des "discussions approfondies". Le président iranien Massoud Pezeshkian a salué ces efforts de médiation.

Pour le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, les objectifs de guerre de Washington en Iran pourraient être atteints dans "les deux prochaines semaines". Et ce, sans l'envoi de troupes au sol.

"Posez le pied sur le sol iranien, et 150 dollars deviendra le prix plancher du pétrole", a d'ailleurs averti le vice-président iranien, Esmael Saghab Esfahani.

- Choc énergétique majeur -

Depuis le début du conflit, l'Iran bloque le détroit d'Ormuz, voie stratégique par laquelle transite 20% du pétrole mondial, ce qui a provoqué un choc énergétique majeur.

Ses conséquences sont très concrètes: de Tokyo à Berlin, de Varsovie à Paris, les gouvernements multiplient les mesures d'urgence pour tenter de contenir la flambée des prix.

Au Sri Lanka par exemple, les autorités ont ordonné l'extinction de l'éclairage dans les rues la nuit. En Thaïlande, la climatisation des bâtiments publics est limitée à 26°C.

L'entrée dans la guerre des rebelles houthis pourrait encore perturber davantage le trafic maritime: ces insurgés yéménites avaient mené de nombreuses attaques contre les navires commerciaux en mer Rouge pendant la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza.

- L'Iran frappe le Golfe -

En plus de bloquer le détroit d'Ormuz, l'Iran poursuit ses frappes de riposte, en Israël, où des explosions ont à nouveau été entendues samedi à Jérusalem, et à travers le Golfe.

L'aéroport international de Koweït a lui aussi été frappé par des drones, tout comme un site à Abou Dhabi de la compagnie Emirates Global Aluminium, qui a fait état d'"importants dégâts".

L'armée iranienne a par ailleurs dit avoir pris pour cible un dépôt de systèmes antidrones ukrainiens aux Emirats arabes unis, une information que l'Ukraine, qui vient de signer des accords de défense avec des pays du Golfe, a démentie.

- "Pris en étau" -

Un mois après le début de la guerre, les civils continuent de payer un lourd tribut.

Onze personnes ont été blessées samedi par des éclats lors de l'impact direct d'un missile iranien dans le centre d'Israël, ont annoncé les secours et l'armée.

En Iran, d'après les médias samedi, au moins 12 personnes ont été tuées par des frappes américano-israéliennes dans la nuit dans différentes régions d'Iran.

A Téhéran, des portraits d'enfants tués par la guerre sont exposés à la vue des passants. Les forces de sécurité se font plus discrètes. Gilets pare-balles et armes en main, elles sont éparpillées et évitent de se regrouper, après avoir été la cible d'attaques de drones ces dernières semaines.

Aux alentours, des immeubles résidentiels, fortement endommagés par des frappes, ont été désertés. Ailleurs, des drapeaux géants de la République islamique entourent des édifices désormais réduits à l'état de ruines.

Trois journalistes libanais ont été tués samedi par une frappe sur leur véhicule dans le sud du Liban, Israël affirmant avoir visé un membre d'une unité d'élite du Hezbollah.

Depuis début mars, les frappes israéliennes ont fait un millier de morts selon des sources officielles et un million de déplacés dans ce pays.

burx-cjc/vl/hme

L.M. Del Campo--ESF