Vers une campagne 2027 en ligne: Gaspard G lance ses entretiens politiques
En coproduction avec TF1, le Youtubeur Gaspard G lance mercredi une série d'entretiens en vue de l'élection présidentielle avec Jean-Luc Mélenchon en premier invité, dont il creuse "l'ADN politique", archives à l'appui.
L'idée, selon le directeur de l'information de TF1 Thierry Thuillier, c'est de "s'adapter pour parler au jeune public et jouer pour eux le rôle d'un tiers de confiance".
"Les dossiers", nom de ce programme de 45 minutes qui se veut "intergénérationnel", sera diffusé à partir de 18H30 sur les chaînes YouTube Gaspard G et TF1 info, la plateforme TF1+ et l'application TF1 info.
Réponse - "Ce sont des entretiens qui prennent le temps long et sont pensés pour les réseaux sociaux, avec une grammaire et un format qui répondent aux attentes de la génération Z. Chaque épisode retrace le parcours d'une personnalité politique, sa construction idéologique, à travers des archives médias.
L'idée, c'est d'être un peu à distance de l'actualité chaude, pour essayer de vraiment comprendre l'ADN politique des candidats, dans un paysage politique ultra fragmenté depuis 2017. On nous dit qu'il n'y a plus vraiment de gauche et de droite. Alors qui sont-ils ces candidats ? Comment se sont-ils construits ?"
R - "C'est une approche qui s'appuie sur moins de verticalité, plus de proximité. Je pense que ma génération, et de manière générale les moins de 35 ans en France, sont à la recherche de ces programmes-là. C'est donc une alliance stratégique avec TF1.
Le ton est un peu plus relâché par rapport aux formats politiques qu'on peut connaître d'habitude à la télévision. On s'inspire davantage des émissions de Squeezie ou de Lena Situations plutôt que des codes d'émissions de télévision.
Sur internet, il y a une confrontation beaucoup plus directe: les commentaires font partie de l'expérience pour le spectateur. On a accès en direct aux pensées des gens. En cela, ce format d'entretien va se construire avec les retours de l'audience".
R - "TF1 apporte une crédibilité et une source de financement. De mon côté, c'est 1,5 million d'abonnés qui suivent mon travail et mon équipe, qui ont entre 18 et 35 ans pour 70%. C'est aussi notre esprit pédagogique et de vulgarisation des sujets.
Cette alliance-là est nourrie aussi de l'exigence commune que l'on a pour l'éditorial et pour les formats innovants. En fait, c'est une production intergénérationnelle".
R - "On est à treize mois de la présidentielle et il y a eu un regain d'intérêt des Français pour la chose politique ces dernières semaines.
Jean-Luc Mélenchon va permettre de révéler tout le potentiel du format car il a un bagage. Ce n'est pas un choix idéologique. Dans le cadre de la présidentielle, il faudra faire vivre le débat démocratique en ligne".
R - "J'en suis absolument convaincu. C'est d'ailleurs la raison de ce partenariat avec TF1, c'est notre vision commune. En 2024, la présidentielle américaine a été surnommée la +podcast election+. Des dizaines de millions d'électeurs se sont informés ainsi, avec des formats longs sur Youtube, sur Spotify. Il y a eu Joe Rogan, Ben Shapiro, Tucker Carlson, ancien de Fox News, ou Alex Cooper.
Ces formats ont été prescripteurs, ils ont fait la campagne. C'est de cela dont on parlait aux repas de famille, plus que de la dernière intervention de Harris ou Trump sur CNN ou Fox News. D'ailleurs, les candidats eux-mêmes ont bien plus fait campagne sur le numérique - surtout Trump - que dans la presse traditionnelle.
J'ai la chance d'avoir la deuxième chaîne YouTube portée par un créateur d'infos en France en nombre d'abonnés, cela nous privilégie pour recevoir les candidats à l'Elysée. Mais aujourd'hui, même des micro-créateurs de contenus, des influenceurs avec des micro-audiences, ont interviewé des candidats pour les municipales. Donc je pense qu'il y aura une offre et qu'il y aura une prime à la qualité et à l'exigence".
U.Alonso--ESF