Trump assure que l'Iran a accepté de céder son uranium enrichi
Donald Trump a assuré jeudi que l'Iran avait accepté de céder son uranium enrichi, l'une de ses exigences pour un accord avec Téhéran, et a annoncé un cessez-le-feu sur le front libanais du conflit.
"Ils ont accepté de nous rendre la poussière nucléaire", a déclaré le président américain aux journalistes à la Maison Blanche, utilisant le terme qu'il emploie pour désigner les stocks d'uranium enrichi, en ajoutant: "Il y a de très bonnes chances que nous parvenions à un accord".
La République islamique n'a pas confirmé cette information dans l'immédiat, alors que des tractations sont toujours en cours, sous l'égide du Pakistan, afin d'organiser une deuxième session de négociations, après l'échec de la première à Islamabad le week-end dernier, pour mettre durablement fin à la guerre.
Donald Trump a remporté jeudi un succès diplomatique sur le front du Liban, en annonçant que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun étaient d'accord pour un cessez-le-feu d'une durée de dix jours à partir de 21h00 GMT, incluant le Hezbollah.
L'influent chef de l'armée pakistanaise Asim Munir était pour sa part en Iran jeudi pour rencontrer le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, considéré comme le principal interlocuteur du côté de Téhéran.
Alors que le conflit a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et secoue l'économie mondiale, le monde espère a minima une prolongation du cessez-le-feu de deux semaines, en vigueur depuis le 8 avril.
Pour l'heure, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, et Washington impose depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens.
"Si l'Iran fait le mauvais choix, alors il y aura un blocus et des bombes qui tomberont sur ses infrastructures électriques et énergétiques", a menacé Pete Hegseth, le chef du Pentagone.
- "Pas de date" -
L'Iran a de son côté menacé de bloquer également la mer Rouge, tout en réaffirmant sa volonté de négocier.
L'ambassadeur iranien à l'ONU a déclaré que Téhéran était "prudemment optimiste" quant à ses négociations visant à mettre fin aux hostilités avec les Etats-Unis, tout en exprimant l'espoir d'un "résultat significatif".
Jeudi, Israël a encore menacé l'Iran de frappes "encore plus douloureuses" s'il refusait de se plier aux demandes des Etats-Unis notamment sur l'armement nucléaire.
Il n'y a en tout cas pour l'instant "pas de date" fixée pour un deuxième round de discussions, a indiqué à la presse le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères.
A Washington, la Chambre des représentants a rejeté à nouveau jeudi une initiative des députés démocrates qui souhaitaient restreindre les pouvoirs de Donald Trump dans la guerre contre l'Iran et le forcer à obtenir l'aval du Congrès pour poursuivre les hostilités.
La présidence de la République française a annoncé jeudi soir qu'une "trentaine de participants" assisteraient vendredi à une visoconférence coprésidée par Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer, pour mettre en place une mission de sécurisation du détroit d'Ormuz quand les conditions le permettront.
- Cessez-le-feu au Liban -
Au Liban, "les deux parties veulent la PAIX, et je crois que ça va se réaliser rapidement", a commenté M. Trump sur sa plateforme Truth Social, avant d'assurer que MM. Aoun et Netanyahu étaient attendus à la Maison Blanche "au cours des quatre ou cinq prochains jours".
Le cessez-le-feu de dix jours qu'Israël a accepté avec le Liban offre une occasion de "paix historique" avec Beyrouth, a déclaré jeudi soir le Premier ministre israélien, rappelant néanmoins son exigence d'un désarmement du Hezbollah comme préalable.
Il a aussi souligné que les forces armées israéliennes allaient "rester dans le sud [du Liban] dans une bande frontalière de dix kilomètres de profondeur", tandis que l'armée libanaise a exhorté jeudi soir les habitants du sud déplacés à reporter leur retour jusqu'à l'entrée en vigueur effective de la trêve.
Quelques heures auparavant, au moins sept personnes ont été tuées et 33 blessées dans une frappe israélienne sur le village de Ghazieh, dans le sud du Liban, a annoncé le ministère libanais de la Santé.
Egalement jeudi, l'armée israélienne a détruit un pont clef du sud du pays et tué une personne en bombardant la route reliant Beyrouth et Damas, tandis que le Hezbollah a revendiqué des attaques contre des positions militaires dans le nord d'Israël.
Le mouvement chiite va respecter le cessez-le-feu "à condition qu'il s'agisse d'un arrêt global des hostilités contre nous et qu'Israël ne l'exploite pas pour mener des assassinats", a déclaré à l'AFP un de ses députés, Ibrahim Moussaoui.
Des discussions de paix avaient eu lieu mardi à Washington entre l'ambassadeur israélien et son homologue libanaise, les premières du genre depuis 1993, malgré la ferme opposition du Hezbollah.
Après le cessez-le-feu au Liban qui avait mis fin à la guerre précédente entre les deux parties, en novembre 2024, Israël avait continué à viser par des frappes ciblées les membres et les infrastructures du mouvement chiite.
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