L'Ukraine a demandé des "détails" sur la proposition russe d'une trêve le 9 mai
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré jeudi avoir demandé aux Etats-Unis des "détails" après l'annonce par le Kremlin d'une proposition de cessez-le-feu le 9 mai, jour où la Russie célèbre la victoire soviétique sur l'Allemagne nazie.
Le président russe Vladimir Poutine a fait cette proposition d'arrêter les combats le 9 mai lors d'un appel téléphonique avec son homologue américain Donald Trump mercredi, selon le Kremlin, qui a affirmé que le dirigeant américain avait "activement soutenu cette initiative".
M. Zelensky s'est interrogé en réponse sur la nature précise de la proposition russe: "nous allons préciser de quoi il s'agit exactement: quelques heures de sécurité pour un défilé à Moscou, ou quelque chose de plus important".
"Notre proposition est un cessez-le-feu à long terme", a-t-il dit, indiquant vouloir "clarifier les détails" auprès de la présidence américaine.
Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a précisé jeudi que "pour l'instant, il est question du Jour de la Victoire (le 9 mai, ndlr), mais le moment précis de son entrée en vigueur et de sa cessation sera décidé par le président" russe.
L'Ukraine demande de longue date une trêve prolongée sur le front pour favoriser des négociations afin de trouver un accord pour arrêter la guerre déclenchée par l'invasion russe à pleine échelle en février 2022, pire conflit en Europe depuis la Deuxième guerre mondiale.
Moscou refuse, arguant qu'un cessez-le-feu plus étendu permettrait à Kiev de renforcer ses défenses.
- "Non" -
Le 9 mai, date-anniversaire en Russie de la capitulation de l'Allemagne nazie à la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945, est commémoré chaque année par de grandes démonstrations de force à travers le pays.
Mais la parade militaire sur la place Rouge à Moscou sera au format réduit cette année, sans déploiement de matériel militaire, le Kremlin justifiant cette décision par la "menace terroriste" posée par l'Ukraine.
Dans les rues de Kiev, des Ukrainiens interviewés par l'AFP sont sceptiques sur la proposition russe.
"Si c'était un cessez-le-feu complet, alors oui. Mais un partiel, non, nous ne devrions pas leur faire de concessions", dit Nadia Maiboroda, retraitée de 71 ans et déplacée par l'invasion russe.
Le président russe Vladimir "Poutine doit montrer quelque chose à ses citoyens, un accomplissement quelconque, et donc il veut du calme (le 9 mai, ndlr). Mais moi je pense: non", ajoute-t-elle, disant "ne pas faire confiance" aux Russes.
Vitaliï, un philologue de 26 qui n'a pas donné son nom de famille, considère que "tout cessez-le-feu est toujours bon", mais "la question est qui va s'y soumettre et comment".
Depuis le début de son offensive en Ukraine il y a plus de quatre ans, la Russie a bombardé régulièrement l'ensemble du territoire ukrainien, faisant des dizaines de milliers de morts parmi les civils et des millions de réfugiés.
Des frappes de drones ont fait deux morts jeudi dans la ville de Kherson dans le sud de l'Ukraine, et dans la région de Dnipropetrovsk (centre-est), selon les autorités locales.
Une vingtaine de personnes ont également été blessées dans la ville portuaire d'Odessa (sud) dans des frappes russes, selon le chef de l'administration militaire régionale.
En représailles, Kiev frappe des cibles en Russie, assurant viser des sites militaires mais aussi des infrastructures d'hydrocarbures afin de réduire la possibilité pour Moscou de financer son effort de guerre.
Les négociations sous médiation américaine n'ont pas donné de résultat et sont au point mort depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient par les frappes israélo-américaines sur l'Iran.
C.Aguilar--ESF