Starmer menacé à sa gauche et sa droite par de potentiels rivaux pour le remplacer
Son ministre de la Santé pourrait se lancer dans la course à sa succession, son ex-numéro deux Angela Rayner a désormais le champ libre pour le faire: le Premier ministre britannique Keir Starmer voit grandir jeudi la menace sur son avenir à Downing Street.
Depuis plusieurs jours, le chef de l'exécutif travailliste lutte pour sa survie, après des élections locales aux résultats désastreux en Grande-Bretagne la semaine dernière. De nombreuses polémiques l'avaient déjà fragilisé ces derniers mois.
La pression est montée d'un cran en début de semaine lorsque quatre secrétaires d'Etat ont démissionné, et que 86 députés travaillistes - sur un total de 403 - l'ont appelé à la démission.
La presse britannique rapporte que, selon ses alliés, le ministre de la Santé Wes Streeting, situé à la droite du Labour, est prêt à quitter le gouvernement jeudi pour briguer la direction du parti, ce qui ouvrirait la course à la succession.
Et pour corser le tout, une autre figure travailliste est revenue dans le jeu jeudi matin: Angela Rayner, ancien bras droit de Keir Starmer, populaire auprès de l'aile gauche du parti.
L'ex-vice-Première ministre de 46 ans a annoncé avoir été "blanchie de tout acte répréhensible" dans une affaire fiscale qui l'avait conduite à quitter le gouvernement et ses fonctions au sein du Labour en septembre dernier.
Elle avait à l'époque admis avoir sous-payé un impôt en achetant son logement dans le sud de l'Angleterre. Elle avait été reconnue coupable d'avoir enfreint le code ministériel.
Mais l'administration fiscale britannique (HMRC) l'a désormais "exonérée de l'accusation" selon laquelle elle aurait "délibérément cherché à (se) soustraire à l'impôt", a-t-elle annoncé sur X.
- Manoeuvres -
Interrogée sur une potentielle candidature, Angela Rayner a écarté la possibilité d'ouvrir elle-même les hostilités: "j'ai été claire sur le fait que je n'allais pas défier le Premier ministre", a-t-elle déclaré au journal The Guardian, affirmant toutefois que Starmer devait "réfléchir" à l'éventualité de se retirer.
Elle a toutefois fait part de sa volonté de "jouer (son) rôle", laissant entendre qu'elle pourrait rejoindre la course si un autre responsable travailliste se lançait.
"Ce que nous faisons ne fonctionne pas, et il faut que cela change", avait-elle concédé dimanche après l'échec cuisant du Labour aux élections locales.
Selon les règles du parti, tout candidat devrait obtenir le soutien de 81 députés travaillistes — soit 20% des effectifs du Labour au Parlement - pour déclencher une élection interne.
Si Wes Streeting est apprécié à la droite du Labour, il est mal vu par les députés de l'aile gauche, qui soutiennent Angela Rayner ou le maire du Grand Manchester, Andy Burnham.
Mais il existe un obstacle de taille pour ce dernier: l'édile de 56 ans, personnalité politique la plus populaire au sein du Labour selon les sondages, devrait d'abord être élu député à Westminster lors d'une législative partielle, avant d'être autorisé à prendre part à un vote pour élire le nouveau chef du Labour.
Le nom d'Al Carns, ancien officier de la marine et député de Birmingham âgé de 46 ans, revient aussi dans la presse. Selon le Times, il serait prêt à se lancer dans la course "si quelqu'un donne le coup d'envoi".
Keir Starmer a de nouveau affiché mercredi sa détermination à rester à Downing Street lors du débat qui a suivi le traditionnel discours du roi à la chambre des Communes.
Il a longuement échangé en fin de journée avec des ministres et députés de son camp au Parlement, tandis que des membres de son gouvernement ont exhorté certains de leurs collègues travaillistes à ne pas plonger le parti dans le chaos.
C.Ferreira--ESF