Macron reçoit les lycéens avant de rendre visite aux forces de l'ordre
Après plus d'un mois de crise, Emmanuel Macron est monté en première ligne vendredi dans la contestation des lycéens en recevant pour la première fois leurs représentants, avant de rendre visite aux forces de l'ordre, à la veille d'une nouvelle journée de mobilisations strictement encadrées.
Une vingtaine de représentants des organisations lycéennes sont arrivés à 15H00 à l'Elysée à l'invitation du chef de l'Etat, qui entend "écouter leurs revendications et inquiétudes", devançant ainsi le Premier ministre Sébastien Lecornu qui les recevra lundi.
Les lycéens, qui réclament une rénovation des lycées, de meilleures conditions d'étude et la suppression de la plateforme d'orientation Parcoursup, ont répondu avec beaucoup de circonspection à cette invitation.
"Il va nous écouter, il va faire semblant de nous avoir compris et puis après il n'y aura pas de suite", anticipait Pierre Sourzat de l'organisation Les Lycéens.
"On sera mobilisés dans la rue samedi", a redit pour sa part vendredi Nathanaël Combary, président du Renouveau lycéen et militant du parti présidentiel Renaissance.
Le gouvernement, débordé par une contestation qu'il n'avait pas vue venir, a promis de prendre en compte leurs doléances déposées sur une plateforme en ligne lancée début octobre.
En parallèle, le chef de l'État continue à mettre l'accent sur la fermeté dans la rue après les violences et pillages qui ont émaillé les manifestations contre la "vie chère" le weekend dernier, qui a réuni entre 550.000 (selon le ministère de l'Intérieur) et 800.000 personnes (selon les organisateurs).
Il effectuera dans l'après-midi un déplacement auprès des forces de l'ordre, selon l'Élysée.
Un nouveau front sécuritaire s'est en outre ouvert pour l'exécutif, après qu'un homme a tiré en rafales sur plusieurs personnes depuis sa voiture à Trappes et La Verrière (Yvelines), tuant une personne et en blessant au moins quatre, dont une enfant.
Le Parquet national antiterroriste (Pnat) a ouvert une enquête et retenu le mobile raciste.
Le chef de l'Etat avait présidé en début de matinée un conseil de défense pour arrêter le dispositif de sécurité samedi, après les couvre-feux et interdictions de manifester prononcés cette semaine.
- 70.000 policiers et gendarmes -
Samedi, un "acte II" de manifestations est attendu dans toute la France.
"On est prêts", a assuré vendredi en fin de matinée le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. "On ne laissera absolument rien passer."
Il a annoncé que 70.000 policiers et gendarmes seraient mobilisés.
Le ministre a accusé l'ultragauche et "l'extrême gauche radicale" d'avoir encouragé à commettre des "exactions", en affirmant que des "casseurs" ont eux appelé à des pillages.
Les autorités ont cherché à limiter au maximum la mobilisation en n'autorisant que celles organisées par des syndicats.
Les rassemblements de samedi ont été interdits à Lyon. A Marseille, une manifestation syndicale a finalement été autorisée.
Les restrictions à répétition sont jugées liberticides dans l'opposition, au point que La France insoumise a dénoncé une "fuite en avant autoritaire".
Dans la capitale, où un seul cortège a été autorisé, la Ville a appelé la population "à la plus grande vigilance". Le préfet de police de Paris a demandé aux commerçants de recourir "s'ils le peuvent à la sécurité privée".
Le président du réseau des chambres de commerce et d'industrie en France (CCI France), Alain Di Crescenzo, leur a conseillé de "laisser faire la police".
- Orléans sous tension -
Pour cette nouvelle journée, les forces de l'ordre, dépassées le 17 octobre, seront 20 % plus nombreuses que la semaine dernière, a assuré le gouvernement.
Elles seront épaulées par les militaires de la force Sentinelle, des unités d'élite de la police et de la gendarmerie, comme le Raid, le GIGN ou la BRI, ainsi que des hélicoptères et des blindés.
Autre point de tension du week-end, le congrès du Rassemblement national à Orléans samedi et dimanche : 20.000 à 30.000 militants anti-RN sont attendus samedi, dont le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, et la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet. Près de 3.000 membres des forces de l'ordre seront déployés. Laurent Nuñez y est attendu vendredi.
Critiqué sur sa gauche par son absence de réponse politique, le gouvernement reste entravé par des marges de manœuvre financières limitées, en pleine préparation d'un budget 2027 très serré.
L'image dégradée d'une France en proie aux violences continue d'avoir des conséquences directes sur les marchés financiers. L'agence de notation Moody's pourrait abaisser la note de la France ce vendredi, selon une majorité d'économistes, ce qui pourrait encore renchérir le coût de la dette.
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M.Hernández--ESF