JO-2030: Roux de Bézieux nouveau président après le départ de Grospiron
Un entrepreneur plutôt qu'un sportif: l'ex-patron du Medef Geoffroy Roux de Bézieux a été nommé jeudi nouveau président du Comité d'organisation des JO-2030, sept semaines après la démission de l'ancien champion de ski de bosses Edgar Grospiron.
La désignation du chef d'entreprise de 64 ans ouvre un nouveau chapitre pour l'instance chargée d'organiser ces Jeux olympiques et paralympiques d'hiver Alpes 2030, plombée ces derniers mois par une crise de gouvernance qui avait culminé avec le départ d'Edgar Grospiron le 10 septembre.
"C'est le job d'une vie!", a lancé le nouveau patron lors d'une courte prise de parole devant la presse après sa désignation lors d'une assemblée générale extraordinaire au siège du Comité à Décines-Charpieu, près de Lyon.
"J'y vais avec beaucoup d'enthousiasme. A titre personnel j'ai vécu les deux quinzaines Olympiques de Paris 2024 comme un moment enchanté (...) et j'aimerais pouvoir faire revivre ça à nos concitoyens en 2030", a également affirmé "GRB", qui sera sur le terrain la semaine prochaine.
"On n'est pas en retard, on n'est pas en avance non plus", a-t-il aussi assuré, entouré de la ministre des Sports Marina Ferrari, du président d'Auvergne-Rhône-Alpes Fabrice Pannekoucke -- région organisatrice avec PACA --, de la présidente du CNOSF Amélie Oudéa-Castéra et de l'ancien Premier ministre Michel Barnier.
Revenant sur son profil d'homme d'affaires, celui-ci a relevé: "Il est arrivé, y compris dans des Jeux récents, à l'extérieur de la France, que ce soit un chef d'entreprise ou une personnalité n'étant pas champion olympique" qui endosse cette responsabilité.
Le nouveau responsable était déjà dans l'organigramme du Comité d'organisation des Jeux, où il dirigeait le comité des rémunérations depuis avril. Il a aussi été membre du conseil d'administration de Paris 2024.
Cet entrepreneur multicartes qui a dirigé le Mouvement des entreprises de France (Medef, 2018 à 2023) et l'Unédic, a aussi siégé dans diverses instances liées au sport et pratique en amateur le vélo et le triathlon.
- Convaincre, apaiser, rassurer -
La ministre des Sports a insisté sur ses qualités "d'écoute", et M. Barnier sur sa capacité à "respecter les équipes", allusion indirecte à la crise de gouvernance qui secouait depuis plusieurs mois le Cojop.
Il succède en effet à Edgar Grospiron, médaillé d'or aux JO d'Albertville en 1992, qui avait annoncé le 10 septembre quitter la présidence, occupée depuis un an et demi.
Son départ a culminé après celui en février de son numéro 2 Cyril Linette, précédé par ceux de la directrice des opérations, du directeur de la communication et du président du comité des rémunérations, Bertrand Méheut.
Si les détracteurs d'Edgar Grospiron ont critiqué sa gestion managériale et son "entêtement", l'ancien champion s'est aussi retrouvé face à un projet très politisé, une multitude d'acteurs nationaux et locaux défendant des intérêts parfois divergents.
Convaincre les futurs sponsors, apaiser le climat social en interne, composer avec les parties prenantes, rassurer sur le pilotage du projet... à trois ans et demi de la cérémonie d'ouverture, les gros dossiers ne manquent pas pour le nouveau président au profil aussi plus politique.
Interrogé sur son "carnet d'adresses" et sa capacité à mobiliser les sponsors, il a répondu: "Vous ne vendrez pas un produit s'il est mauvais (...). Ce n'est pas du copinage".
Il s'agira également de faire basculer les JO dans leur phase opérationnelle, les derniers détails sur le programme sportif et la répartition des épreuves entre Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur ayant enfin été stabilisés.
"Les équipes sont désormais bien placées pour passer de la stratégie à la planification opérationnelle détaillée et à la mobilisation", avait estimé en septembre le Comité international olympique (CIO) lors de sa visite d'inspection à Lyon, où ont été rapatriées en catastrophe les épreuves de glace initialement prévues à Nice.
Outre celui de Lyon, ces Jeux olympiques (1er-17 février 2030) et paralympiques (1er-10 mars 2030) se dérouleront sur trois autres pôles principaux: Savoie, Haute-Savoie et Briançonnais, qui accueilleront les compétitions ainsi que les villages des athlètes.
M.E. De La Fuente--ESF