El Siglo Futuro - Tour de France: Paul Seixas, un espoir français

Madrid -
Tour de France: Paul Seixas, un espoir français
Tour de France: Paul Seixas, un espoir français / Photo: © AFP/Archives

Tour de France: Paul Seixas, un espoir français

Pour la première fois depuis longtemps, la France a l'espoir de remporter à nouveau le Tour de France avec Paul Seixas qui découvre la grand-messe de juillet avec des ambitions affirmées.

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Ce ne sera peut-être pas encore pour cette année, tellement Tadej Pogacar est fort et lui encore un adolescent. Mais, à seulement 19 ans, plus jeune coureur à prendre le départ du Tour depuis 1937, le phénomène lyonnais joue déjà dans la cour des grands avec un aplomb qui lui permet de viser le podium sans qu'on crie à l'hérésie.

"Il n'est pas fait comme les autres", souligne Bernard Hinault, le dernier vainqueur français du Tour, en 1985, à qui Seixas rêve de succéder pour mettre fin à quatre décennies de disette.

Auteur d'un début de saison fulgurant (7 victoires), la pépite de Decathlon CMA CGM est déjà devenu le premier Français depuis Christophe Moreau en 2007 à remporter une course par étapes World Tour, au Tour du Pays basque, et a été le seul à rivaliser, un peu, avec Pogacar sur les Strade Bianche et Liège-Bastogne-Liège.

Au point que des anciens comme Alberto Contador, double vainqueur du Tour en 2007 et 2009, ne veut rien exclure.

"Pogacar, qui en a gagné quatre, et Vingegaard, qui en a gagné deux, sont théoriquement au-dessus de lui comme grands favoris. Mais dire qu'il est impossible pour Paul Seixas de gagner le Tour, désolé, je ne m'y risquerais pas", insiste "El Pistolero", consultant pour la chaîne Eurosport.

- "Dans l'inconnu" -

Les performances à répétition de Seixas l'ont, malgré son très jeune âge, propulsé comme l'indiscutable leader de Decathlon CMA CGM même si la formation française, après quelques tergiversations, a finalement aussi sélectionné le sprinteur Olav Kooij pour tenter de gagner des étapes.

Mais le Néerlandais a déjà rangé ses ambitions de maillot vert pour se mettre au service de Seixas en dehors des quelques étapes de plaine qui lui sont réservées.

"Mon rôle, explique-t-il, sera de le soutenir le mieux possible. C'est un énorme talent. Il est juste impressionnant. Avoir réussi à passer un tel cap cette année alors qu'il était déjà super fort la saison dernière, c'est remarquable. Tous les gens qui suivent le cyclisme sont curieux de voir ce qu'il peut faire cette année sur le Tour."

L'interrogation porte surtout sur la capacité de Seixas à encaisser les trois semaines de course et lui-même dit qu'il part "dans l'inconnu".

"Je pense qu'il sera très fort mais il faut attendre sur trois semaines. En vérité, personne ne sait. Il peut gagner le Tour comme ne pas le finir. Mais il a un très grand avenir devant lui. Même s'il ne progressait plus, il gagnerait beaucoup de courses", estime le grimpeur australien Michael Storer.

- "Aucune pression" -

Pour le sélectionneur de l'équipe de France, Thomas Voeckler, "Paul va aborder le Tour sans aucune pression".

"Personne ne lui en voudra s'il ne rivalise pas avec les meilleurs. Il n'a jamais disputé de course de trois semaines. Même si j'ai peu de doute sur sa capacité à enchaîner, c'est tout de même un point d'interrogation. Et puis il y a sa chute. OK, il n'y a pas de fracture mais tomber à 70 km/h n'est jamais anodin", ajoute Voeckler.

Cette chute de Seixas à la mi-juin au Tour Auvergne-Rhône-Alpes a causé une belle frayeur au Français mais il dit aujourd'hui avoir complètement récupéré.

"Je n'ai pas d'inquiétude sur son état de santé. Il arrivera très bien préparé", assure son coéquipier Léo Bisiaux, non retenu pour le Tour.

Ces derniers jours, Seixas a multiplié les reconnaissances d'étape dans les Alpes avec sa garde rapprochée et Romain Bardet, le futur manager sportif de son équipe, pour de longues heures sur la selle qui l'ont complètement rassuré.

Pour encaisser la dureté du Tour de France, il a augmenté sa charge de travail. Au point d'impressionner Tiesj Benoot, le capitaine de route de Decathlon CMA CGM et ancien de Visma, qui a même confié à son coéquipier Sander De Pestel qu'il n'avait jamais vu Vingegaard s'entraîner aussi dur que Seixas.

Verdict dans trois semaines.

G.Aguado--ESF