Mondial-2026: Espagne-Portugal à l'ombre du scandale Balogun, Trump assume, Infantino se défend
Avec le prodige Lamine Yamal qui défie l'inusable Cristiano Ronaldo, le 8e de finale entre l'Espagne et le Portugal lundi (19h00 GMT) s'annonce indécis, mais ce choc s'est fait voler la vedette par le second match du jour Etats-Unis - Belgique, au coeur d'un scandale depuis la suspension du carton rouge de l'Américain Folarin Balogun après une intervention de Donald Trump auprès de la Fifa.
. Trump confirme
Au lendemain de la retentissante et inédite décision de la Fifa autorisant Balogun à affronter la Belgique ce lundi à Seattle malgré son exclusion contre la Bosnie-Herzégovine, le président américain a confirmé qu'il était intervenu auprès de Gianni Infantino, le patron du football mondial.
"J'ai demandé un réexamen parce que je ne pensais pas que c'était une faute", a expliqué M. Trump, estimant que les règles du carton rouge étaient "injustes" et qualifiant de "très douteux" l'arbitre du 16e de finale entre Etats-Unis et la Bosnie-Herzégovine.
Résultat, la commission de discipline a modifié la sanction. Le match de suspension ferme dont il avait automatiquement écopé a été commué en "un match de suspension avec sursis, assorti d'une période probatoire d'un an".
Le président de la Fifa Gianni Infantino s'est lui défendu d'être intervenu après des instances disciplinaires:"J'ai expliqué (au président Trump) qu'une procédure juridique était en cours impliquant les instances judiciaires indépendantes de la Fifa et que l'affaire serait tranchée en temps voulu par les organes compétents", a-t-il insisté sur X.
L'indépendance des instances judiciaires de la Fifa - commissions de discipline, d'éthique et de recours - est "essentielle pour la crédibilité et l'intégrité du football", a-t-il ajouté, rappelant qu'elles statuaient "de manière autonome", "sur la base des règlements applicables et des faits précis qui leur sont soumis".
Si Balogun pourra bien être aligné à Seattle face aux Diables rouges à 17h00 (mardi 00h00 GMT), la décision de la Fifa et l'intervention de Donald Trump ont déclenché une tempête de réactions négatives et de critiques.
. Avalanche de critiques
Dès dimanche, la Fédération belge a fait part de sa stupéfaction". Lundi, elle a renchéri en estimant qu'elle "n'a d'autre choix que de contester l'éligibilité du joueur pour le prochain match", recours jugé ensuite "irrecevable" par la Fifa.
La Fédération belge a reçu le soutien notamment de l'UEFA, l'instance européenne du football, qui a déploré que la Fifa avait "franchi une ligne rouge" et dénoncé une décision "inédite, incompréhensible et injustifiable".
Ancien président de la Fifa et ennemi intime d'Infantino, Sepp Blatter a ironisé: "Quo vadis (où vas-tu, ndlr ?), Fifa ?": "le football ne doit jamais devenir un terrain de jeu pour le pouvoir politique", a-t-il asséné.
La confédération brésilienne a elle défendu "l'intégrité" de l'arbitre du match Etats-Unis - Bosnie, Raphael Claus", un "professionnel exemplaire".
. Choc de générations Lamine Yamal-CR7
Un gamin qui n'a pas encore 19 ans va-t-il envoyer à la retraite l'un des meilleurs joueurs de l'histoire ? Arrivé diminué physiquement aux États-Unis, Lamine Yamal monte en puissance et pourrait faire des dégâts contre le Portugal de Cristiano Ronaldo à Seattle (mardi 00h00 GMT).
Mais CR7, 41 ans, ne part pas battu d'avance ni ne parle de retraite. "Vous avez essayé de me tuer pendant 23 ans", a lancé dimanche la superstar portugaise aux cinq Ballons d'or devant une marée de médias réunis dans le stade de Dallas.
"Comme je l'ai dit avant, (je vais arrêter) quand je le déciderai, pas quand vous le déciderez", a encore asséné l'avant-centre aux 146 buts en 232 sélections (deux records dans le football international masculin) et qui dispute sa sixième Coupe du monde.
. Le Brésil "à l'encontre de son ADN"
Sans surprise, l'élimination de la Seleçao, quintuple championne du monde, par la Norvège, qui n'avait plus disputé de Mondial depuis 1998, dimanche dès les 8e de finale est mal passée au Brésil.
La presse brésilienne a notamment critiqué le sélectionneur italien Carlo Ancelotti.
"Le plan d'Ancelotti échoue, dans un style qui ne correspond pas" au Brésil, regrette le site spécialisé Globo Esporte tandis qu'UOL a estimé que le Brésil a joué "de manière pragmatique, à l'encontre de son ADN".
Il restera deux derniers 8e de finale à disputer mardi: l'Argentine de Lionel Messi et l'Égypte de Mohamed Salah seront opposées à midi (16h00 GMT) à Atlanta, avant que la Suisse et la Colombie ne closent cette phase à 13h00 (20h00 GMT) à Vancouver.
C.Ferreira--ESF