Euro de natation: Marchand à l'assaut d'un nouveau terrain avec le 400 m nage libre
Pour le dernier jour de compétition aux Championnats d'Europe de natation, Léon Marchand s'attaque dimanche à un nouveau défi personnel: mesurer son potentiel sur le 400 m nage libre, une discipline qu'il n'a jamais pleinement explorée au plus haut niveau.
Arrivé à Paris diminué par une blessure musculaire à une cuisse contractée aux Championnats de France, le quadruple champion olympique a réduit son programme individuel à seulement deux courses: le 200 m papillon, une de ses courses phares, et le 400 m crawl, une épreuve bien plus inhabituelle.
En papillon, il n'a pas déçu en s'offrant l'or et par la même occasion son premier titre européen, mais le 400 m s'annonce plus incertain.
"Le 200 m papillon, on en a beaucoup fait. Le 400 m crawl, très peu. Donc je pense qu'il y aura plus de doutes sur le 400 crawl, mais c'est aussi un plus gros challenge pour moi, c'est quelque chose qui peut m'apporter beaucoup d'énergie et d'envie."
"J'ai hâte de voir ce que ça donne", déclarait-il à la veille de la compétition.
Le Toulousain a souvent évoqué son envie de sortir de sa zone de confort pour ne pas s'ennuyer et progresser. C'est pourquoi il avait par exemple mis l'accent sur le crawl lors de son escapade en Australie après les Jeux de Paris, où il s'était entraîné avec l'emblématique coach Dean Boxall, spécialiste de cette nage.
- "Je prends cher!" -
Depuis le début de l'Euro, Marchand a pu se jauger sur la distance inférieure, le 200 m nage libre, au départ du relais 4x200 m conclu avec une médaille d'argent.
Et le test a été particulièrement réussi puisque avec un chrono de 1 min 43 sec 76, il a pulvérisé son record personnel et établi la meilleure performance mondiale de l'année, devenant le sixième meilleur performeur de l'histoire.
Même si la comparaison n'est pas la plus pertinente, il s'agit tout de même d'un chrono meilleur que le temps nagé par le Roumain David Popovici pour devenir champion d'Europe vendredi (1 min 44 sec 15). Et sacrément prometteur pour son défi du 400 m.
Pour s'améliorer sur cette épreuve, il a notamment pu s'appuyer sur son groupe d'entraînement au Texas dirigé pour l'ancien entraîneur de Michael Phelps, un collectif parfois comparé aux "Avengers" de la natation.
"Ce n'est pas facile tous les jours, mais ça me nourrit vraiment. C'est quelque chose qui me stimule et qui m'aide à trouver d'autres solutions pour m'améliorer dans l'eau. C'est assez excitant", détaille-t-il. "Je prends vraiment du plaisir... Après, je prends cher aussi!"
- Se mesurer aux meilleurs -
Avec un record personnel de 3 min 44 sec 70, établi en avril, il reste pour le moment assez loin des sommets et se présentera dimanche en séries en tant que douzième meilleur performeur de la saison.
Dans le bassin olympique de Saint-Denis, il fera en outre face à une concurrence de haut vol, avec notamment le recordman du monde de la distance, l'Allemand Lukas Märtens (3 min 39 sec 96), également champion olympique en titre.
"Tant mieux! Je suis content de pouvoir me mesurer aux meilleurs", dit-il.
Pour aborder ce nouveau défi, le nageur de 24 ans s'est assez visiblement étoffé au niveau du haut du corps avec un travail de musculation spécifique.
"En fait, en crawl, une des techniques, c'est quand même de partir vite sans trop mettre de jambes", explique-t-il. "Et ça, j'avais besoin de le travailler avant l'entraînement. Du coup, c'est des moments où je travaille beaucoup plus sur les bras que sur les jambes."
En attendant de voir les résultats de ses efforts, la perspective de nager le crawl lui aura en tout cas permis de mieux vivre sa période de convalescence.
"C'était un peu la lumière (pendant cette période)", a-t-il estimé. "De me dire que je vais enfin pouvoir faire du crawl comme je le souhaite. Le crawl, je ne l'ai jamais fait sur de de grosses compétitions. Ça me donne un vrai objectif."
Après sa victoire au 200 m papillon, il a annoncé ses ambitions: "Le gros défi, c'est de passer en finale et après, on verra ce qui se passe."
H.Alejo--ESF